accueil > Histoire du quartier et de la chapelle Saint-Laurent

La Chapelle de Saint Laurent en Séné

Sa situation

Cette petite chapelle se trouve dans la partie Nord-Est de la Commune de Séné, en bordure de la route de Nantes. 
Sur le linteau de sa porte, se lit la date de 1865. C'est celle d'une restauration qui a malheureusement fait perdre à cet édifice une grande partie de son cachet. Ses origines sont beaucoup plus anciennes.

Vincent Ferrier y fait une halte

Quand Saint Vincent Ferrier vint pour la première fois à Vannes, "le samedi avant le dimanche de 'Laetare' c'est-à-dire le 20 mars 1418, l'évêque Amaury de la Motte et son clergé, accompagnés d'une foule nombreuse, se rendit à sa rencontre, nous dit-on, jusqu'à la chapelle Saint-Laurent

Il n'est pas précisé s'il fut accueilli dans la chapelle elle-même ou plus probablement sur la route ou il cheminait avec son cortège de pénitents. Mais ce qui est certain c’est qu’il y avait déjà à cette époque une chapelle Saint-Laurent.

Son entretien est assuré par le chapitre de Vannes

Quand en 1451, les revenus de la Paroisse de Séné furent attribués au Chapitre de Vannes, les offrandes faites à la chapelle étaient recueillies par les Chanoines qui en retour devaient assurer son entretien et faire les réparations.

Au temps de Rogations

La Paroisse se rendait en procession à St- Laurent le lundi des Rogations de Mai, et ce jour-là, c'était un chanoine du chapître de Vannes qui célébrait la messe.

Des restaurations successives

La chapelle actuelle dans son ensemble remonte au XVème siècle. Depuis, elle a connu plusieurs restaurations. La dernière date de 1979 et a consisté dans la réfection totale de la voûte, et du mur ouest.
La chapelle dessine un rectangle sur lequel est venu se greffer, du côté nord-ouest, une chapelle secondaire.

Styles et architecture

La chapelle principale

La façade ouest est percée d’une fenêtre en cintre sobrement moulurée. En outre elle conserve des traces de colonnettes à chapiteau. 
Au sommet du pignon se dresse un clocheton quadrangulaire cerné d’une double corniche au-dessus et au-dessous dans la chambre de la cloche. Il est coiffé d’une courte flèche pyramidale. 
Du côté de la route, s’ouvrent trois baies en arc brisé :

  • la porte d'entrée ornée d’une moulure
  • deux fenêtres disposées symétriquement de part et d’autre et dont les armatures de pierres en forme de trèfles à trois et quatre feuilles indiquent qu’elles remontent aux origines de la chapelle.

Par contre, la grande fenêtre du chœur, avec ses flammes unies, accuse une époque plus tardive, comme d’ailleurs la petite croix faite de quatre arcs de cercle adossés, qui se dresse au sommet du pignon. 
Cette fenêtre comporte un morceau de vitrail très ancien représentant la crucifixion : le christ en croix, sa mère et saint Jean.

La chapelle du nord

Elle aussi, est postérieure à la nef principale. Elle a pu être construite à la fin du XVIe siècle. Les ouvertures sont en arc brisé, et, la grand fenêtre, à demi-obstruée, est moulurée en creux, tant à l’extérieur, qu’à l’intérieur. Elle débouche sur la grande chapelle par un bel arc en plein cintre, d’un très élégant profil qui est reçu sur deux piliers engagés dans les murs et décorés de vigoureuses moulures tant à la base qu’au sommet.

Le mobilier et la statuaire

Le maître-autel, en bois, avec des angelots aux angles, est d’un type commun, inspiré du style Louis XV, style resté longtemps en honneur chez nous.

De part et d’autre, les deux statues en bois de saint Laurent avec son gril, et de saint Vincent Ferrier qui semblent du XXVIIIe siècle et proviennent probablement de la chapelle désaffectée du château de Limur.

La chapelle latérale abrite d’authentiques œuvres d’art : deux autels en bois et une petite croix de bois aux extrémités fleurdelisées d'un très bel intérêt.

Mais on y voit aussi les statues de saint François-Xavier et de l’évangéliste saint Matthieu.

Deux petites statues que l’on portait sans doute en procession représentent l’une saint Pierre et l’autre saint Patern, le patron de la paroisse.

Mais la plus ancienne et la plus belle statue est une Pietà en bois où la Vierge, tient son fils sur les genoux, dans une posture de grande dignité.

Une particularité

Dans le mur de la nef de cette chapelle latérale, se creuse une piscine à tablette saillante, encadrée de colonnettes et coiffée d’un fleuron. C’est là que les fidèles déposaient les clous que l’on offrait à saint Laurent. 
Toutes ces richesses révèlent en effet que cette chapelle saint Laurent a connu la ferveur non seulement des paroissiens de Séné mais des chrétiens d’alentour.

La popularité du diacre saint Laurent

Saint Laurent est un diacre martyr dont la mémoire était vénérée à Rome des le VIe siècle, et qui a été chez nous l’objet d’un culte fervent à partir du Moyen-âge.

Ses chapelles sont habituellement très belles, et sa fête y est célébrée le 10 août.

Autrefois, lieu de pèlerinage

La chapelle vivait surtout de la dévotion des pèlerins. Ils venaient tout spécialement y demander la guérison des furoncles et de diverses maladies inflammatoires.
Pour appuyer leurs prières, ils offraient des clous, sans doute parce que les furoncles avaient l’aspect et le nom populaires de « clous ». 
Une telle pratique n’était peut-être pas absolument pure de toute superstition, mais elle n’était pas davantage inutile à la chapelle, car dans les comptes des trésoriers d’église figurent souvent des achats de clous pour la réparation des toitures.

La foire de Saint-Laurent

Très renommée

La foire de Saint-Laurent n’est pas étrangère à la prospérité de la chapelle, car les transactions donnaient lieu souvent à de riches offrandes remises entre les mains du procureur, ou déposées dans les troncs. La chapelle Saint-Laurent a sans doute aussi bénéficié du voisinage de la résidence de Lestrénic.

Cette foire se tenait dans le voisinage de la chapelle le 22 septembre ou le lendemain quand cette date tombait un dimanche. C’était une des plus importantes de la région et l’on s’y rendait d’assez loin. Elle s’est perpétuée jusqu’à la dernière guerre 39-45 qui a vu définitivement son déclin et a disparition, comme toutes les autres foires populaires de l’époque.

Spécialisée dans le bétail

On y présentait toutes sortes d’animaux, bon an mal an, une cinquantaine de vaches, autant de cochons, une centaine de chevaux et encore des bœufs. 
Chaque catégorie avait son foirail traditionnellement réservé.
Les vaches étaient surtout de vieilles bêtes que l’on vendait pour la boucherie en fin de saison. Les bœufs venaient de la région de Questembert. 
Un maquignon de Ruffiac arrivait régulièrement dès la veille avec une quinzaine de chevaux que les fermiers deu village accueillaient dans leurs écuries. 
Les marchands de Locminé se reconnaissaient à la longue blouse bleue qui leur tombait sur les sabots, et à leur chapeau de velours et à leur cravache.

Haute en couleurs

Une foule nombreuse se pressait à la foire, paysans des campagnes et bourgeois de la ville. On y accourait à pieds, à cheval ou en chars-à-bancs, qu’une capote parfois abritait du soleil ou de la pluie. Cette assemblée attirait les marchands qui étalaient leurs éventaires en bordures du chemin ou dans les prairies voisines.

On vendait de tout : de la soupe, du ragoût, du pain, des charcuteries, des sardines grillées et naturellement toutes sortes de friandises : du far, des fruits des berlingots et des cacahuètes. Comme il sied en Bretagne, les débitants de café et de boissons ne demeuraient pas en reste.

Fête foraine et flonflons

On y exposait même du matériel agricoles :paniers, brouettes, instruments aratoires et jusqu’à des charrues et des brabants. La foire se doublait d’une fête foraine avec son cortège de baraques, de manèges et de balançoires et son accompagnement de flonflons. Au son d’un orgue de barbarie et à la grande joie des enfants, les chevaux de bois tournaient, entrainés par un cheval, celui-ci en chair et en os. Pour s’en retournaient bêtes et gens étaient parés d’éventails et de mirlitons multicolores, et au collier des chevaux les grelots tintaient joyeusement. Avec la foire de Saint Laurent c’était la belle saison qui tirait vers sa fin, et la joie de la fête qui cédait le pas au recueillement d’un long hiver sans radio ni télévision.

Saint-Laurent aujourd'hui

Il appartient aux habitants de ce quartier de Séné de veiller jalousement sur leur chapelle, à une époque où se multiplient les vols d’objets sacrés. Mais ils se doivent davantage encore de conserver et de transmettre la dévotion à l’égard de Saint Laurent qui demeure un des grands témoins de la foi chrétienne.
Histoire de Saint-Laurent d'après Alain MAROT

Voir le diaporama

 

Mais aussi

La chapelle Sainte Catherine

La chapelle Sainte Catherine(1848), encore appelée Chapelle de la Congrégation est voisine de l'église Saint-Patern. On y accède par un escalier à plusieurs marches.

Sur la façade une...

Lire
la
suite
NOTRE DAME DU ROHIC

La chapelle du Rohic, dédiée à la Vierge Marie est un gracieux petit édifice gothique, de plan rectangulaire.

Des inscriptions permettent de dater sa construction.

Sur la partie...

Lire
la
suite

Contact et situation

En soumettant ce formulaire, j'accepte que les informations saisies dans ce formulaire soient utilisées, exploitées, traitées pour permettre de me recontacter, dans le cadre de la relation commerciale qui découle de cette demande de contact.

Conformément à l'article 34 de la Loi Informatique et Libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données qui vous concernent. Pour exercer ce droit d'accès, adressez-vous à Paroisse de Saint-Patern 2 Place Sainte-Catherine 56000 Vannes ou par e-mail : paroisse.st.patern@orange.fr.